Article d’Ô Jazz du 30 janvier 2018

Le violoniste et compositeur Guillaume Dettmar est à l’origine d’UCM.
Ici en studio, sous l’objectif de Christophe Esnault

Guillaume Dettmar nous a déjà raconté comment, pendant l’été 2015, il a écrit une dizaine de thèmes musicaux. Mais comment a-t-il continué l’aventure, comment a-t-il rencontré les musiciens avec qui les partager et les jouer ? Jean Jacques Taïb raconte la suite de l’histoire. “Je lui ai demandé de venir remplacer le violoniste au club XV lors d’une soirée où le musicien prévu ne pouvait pas venir. Il était comme moi un musicien naturel, instinctif, et j’ai senti derrière le musicien classique une autre culture.”

Guillaume propose ses compos au groupe de ce soir là, qui tout de suite démarre. Le groupe, c’était Jean-Jacques, Guillaume, Brahim Haouiani et Pierre Bluteau. “Avec Pierre et Brahim, on se connaissait depuis longtemps. Avec Brahim, on a du faire un bœuf à la Huchette, ça fait un bail.” Philippe les a rejoint très vite : “Et avec Philippe aussi, on avait eu l’occasion de travailler dans un trio plus mobile…”

Ce n’était pas vraiment le groupe qu’avait pensé Guillaume au départ. “Je voyais une clarinette basse, une musique un peu comme Anouar Brahem. Un oud, un violon, percu orientale. Pas les saxos, pas la guitare. Vraiment oriental. Je pensais à des couleurs très douces, rêveuses, planantes.”

Les cinq musiciens qui se rassemblent apportent autre chose.
Les répétitions commencent chez Jean Jacques, deux jours, avec les partitions de Guillaume. Juste pour voir. Ca c’est avéré prometteur. Et comme Pierre travaille à Vincennes, les répétitions continuent à Vincennes, et puis par internet. Ils se sont revus à plusieurs reprises. Le projet était parti. “L’idée d’un groupe était déjà acquise. Quand un musicien te demande – enfin, te dit – qu’il a de la musique, le groupe est de facto constitué…” dit Jean-Jacques.

Personne ne se souvient qui à trouvé le nom du groupe. Mais il était évident qu’il correspondait à la rencontre des cinq musiciens. “Ils m’ont fait changer. Ils ont apporté plein de choses qui m’ont plu”, explique Guillaume. Et Jean-Jacques renchérit : “Il savait très bien que je ne pouvais pas jouer une partie sans mettre mon grain de sel. Pierre vient des musiques d’Amérique centrale, Brahim a un pied dans le jazz, un pied dans l’Orient. Moi aussi par ma culture. Et donc on a bien senti qu’on construisait quelque chose. Ca n’est pas venu tout de suite. Mais j’avais peur d’une juxtaposition. C’était le danger. Que toutes les cultures se juxtaposent sans jamais se rencontrer, sans qu’il y ait osmose.”

Mais ils ont tous senti que la fusion avait eu lieu. Magnifiquement. Longue vie à UCM, à sa créativité et à son attachement en acte musical à la mixité la plus respectueuse.

Bernard Cassat, Ô Jazz