Résolument centrée autour de toutes ces cultures qui cohabitent en Méditerranée, la musique originale du violoniste Guilaume Dettmar témoigne avant tout d’une volonté farouche de fédérer plusieurs univers esthétiques pour mieux les fondre en un tout cohérent. Porté par des artistes venus cultuellement et culturellement d’horizons différents, désireux de mêler leurs passions, comme leurs histoires personnelles différentes, ce projet, loin de tout angélisme, rappelle, s’il le fallait, que si cette musique destinée à toutes les jazzifications et aux improvisations les plus échevelées ne peut pas changer le monde pas plus qu’elle n’adoucit les mœurs, elle peut permettre, pour le moins, une prise de conscience salutaire. C’est là l’essentiel.

 

Au carrefour du jazz

C’est au lendemain d’un des nombreux attentats sanglants au Proche-Orient, un de trop, que le violoniste Guillaume Dettmar, sensibilisé par cet interminable conflit, a décidé, de  la manière qu’il connaît le mieux, de témoigner de l’horreur de la situation et d’exprimer ce fragile espoir de paix auquel se rattachent tous les êtres humains de bonne volonté. Façon de conjurer  le sort ! 

En s’emparant de ce répertoire original, mis un temps sous le boisseau, à l’occasion d’une rencontre impromptue, tant humaine que musicale, comme seuls les musiciens savent les provoquer, « United Colors of Méditerranée »  a ainsi pu voir le jour et prendre son essor.

De répétitions en résidence – à Chamonix,  chez André Manoukian- de concerts en festivals- karellis, Carpentras etc.-via les samedis du jazz organisés par O’ jazz, la musique a pris tous ses aises pour s’affiner d’autant que le groupe a eu la chance de s’attacher « les services » ô combien swingants d’une sommité jazzistique mondiale venue s’installer avec sa famille à Orléans : le percussionniste (marimba/vibraphone/ batterie) Jason Marsalis, le dernier d’une fratrie célèbre de musiciens néo-orléanais. 

La prestation d’UCM lors de « Jazz à l’évêché », en juin dernier,  scelle, alors,  de facto, une alliance tacite entre les deux villes préfigurant, le jumelage récent. Pour une musique méditerranéenne, ce n’est pas si mal ! In fine, une « mare nostrum » très élargie.

Porté par l’association O’Jazz, et grâce à elle, UCM signe alors son premier album dont l’enregistrement vient juste de s’achever. C’est à l’occasion du festival de jazz de ce printemps que la sortie en sera officielle.